LE DEVELOPPEMENT PHYSIQUE, BASE DES APPRENTISSAGES 2

Pourquoi certains enfants pleins de vie, d’idées doivent-ils fournir tant d’efforts pour apprendre à lire, écrire, compter, se concentrer, rester assis sans bouger ? Il se peut que ces difficultés résultent de certains réflexes qui ne s’intègrent pas ou ne se développent pas à temps. Cette gêne quotidienne fait obstacle aux nouveaux apprentissages et à l’acquisition de la confiance en soi. On parle de dyslexie, dysgraphie, hyperactivité…

Si votre enfant se trouve dans cette situation, il se peut qu’il souffre d’une persistance de certains Réflexes Archaïques.

Lorsque l’enfant naît, il possède pour vivre et interagir avec son environnement, un répertoire de mouvements instinctifs appelés Réflexes archaïques, programme de stratégies motrices intelligentes, précises, essentielles à la survie, pour naître, se nourrir, attraper, se retourner, ramper, se balancer, bouger..

Les développements moteur et intellectuel sont liés.

Le premier sens à se développer est celui de l’équilibre corporel. Il est vital pour la posture, le mouvement et la sensation d’avoir un corps centré dans l’espace et le temps.

Les autres perceptions, qu’elles soient visuelles ou auditives, sont en relation avec l’équilibre (le système vestibulaire, à la base du cerveau et dans l’oreille interne) avant d’être transmises à leurs zones spécialisées dans le cortex (les parties hautes du cerveau) afin d’y être décodées.

En conséquence, toutes les perceptions dont un enfant dépend pour apprendre sont liées au sens de l’équilibre.

Pour le nouveau né, perception et mouvement sont la même chose. Celui-ci n’est pas conscient que le son, la vision, le toucher et le mouvement sont des perceptions séparées : pour lui, elles fusionnent toutes ensemble, dans une expérience unique. Ainsi le mouvement est le premier langage de l’enfant. Plus il devient éloquent dans ce langage primaire, plus il est à même de développer d’autres possibilités d’expression.

Le développement de l’enfant se fonde sur l’équilibre.

La stimulation du mécanisme de l’équilibre fait intégralement partie de la croissance de l’embryon depuis le moment de la conception. Chaque mouvement de la mère est ressenti par l’embryon puis le foetus dans l’environnement ouaté de la matrice.

Après la naissance, les sensations continuent à être perçues au travers d’un vaste répertoire de schémas moteurs : de la position couchée au gigotement, à la roulade, à la position assise, jusqu’au rampement, au « quatre pattes », puis à la marche, aux sautillements de l’enfant qui gambade, roule, tombe, se relève et court.

C’est à travers le mouvement que les connections entre l’appareil vestibulaire (situé dans l’oreille interne) et les centres supérieurs du cerveau (le cortex) s’établissent.

Mais il faut attendre 7 à 8 ans pour que le mécanisme de l’équilibre, le cervelet (situé à la base du cerveau) et le corps calleux soient myélinisés (c’est à dire mis en relation). Et c’est au cours de ces premières années que les stimulations vestibulaires sont l’ingrédient naturel des jeux de tout enfant « normal ».

Le bébé commence par la répétition continue de mouvements des bras et des jambes, pratiquant extension et flexion musculaires. Il s’entraîne à la coordination des yeux et des mains.

L’enfant de 8 mois qui roule d’avant en arrière sur le sol, sans apparemment aucun but, prépare son équilibre pour la position assise, debout, puis finalement, pour la marche. Pour lui, quand il bouge, le monde bouge avec lui, et quand il s’arrête, tout s’arrête.

La marche à quatre pattes est un passage important qui lui permet, pour la première fois, de combiner l’usage des différents systèmes,vestibulaire, propriocetif et visuel.

 La marche ne fait pas qu’augmenter sa mobilité, elle lui permet d’aller ici et là en utilisant ses mains indépendamment. Ce sont les premières étapes d’apprentissage qui devront être pratiquées avant d’être intégrées aux autres systèmes, à la perception du corps.

Ainsi, au cours des premières années, le mouvement est le premier vocabulaire de l’enfant et le langage repose sur une base corporelle. Le contrôle volontaire du mouvement ne peut se développer qu’à travers l’élargissement des horizons du mouvement.

L’enfant de 3 à 6 ans qui sautille, gambade et tournoie sans arrêt, en marchant dans la rue, est encore en train d’apprendre à contrôler son équilibre. Car le stade le plus avancé de l’équilibre est la capacité à rester calme. Le fait de ne pas bouger suppose que toutes les fonctions corporelles et les groupes musculaires agissent de concert, sans ajustement constant. C’est le signe d’un contrôle postural arrivé à maturité.

 

Des difficultés peuvent venir d’une immaturité du sens de l’équilibre.

 

L’enfant qui ne peut rester tranquille sait instinctivement que son équilibre nécessite encore de l’entrainement. L’enfant qui ne peut rester sur le trottoir si il y a un mur bas qui le longe, mais qui saute sans arrêt d’un niveau à l’autre, est encore en train d’apprendre le contrôle musculaire, la perception de la profondeur et d’intégrer les informations visuelles et motrices.

Plus tard, sauts périlleux et roulades l’aident à distinguer la perception du mouvement des autres sensations car c’est seulement quand l’enfant tombe qu’il peut diriger son attention vers d’autres expériences.

L’hyperactivité et le manque d’attention et de coordination peuvent être des signes d’immaturité du fonctionnement vestibulaire. En tant que parents ou enseignants, nous avons tendance à implorer nos enfants turbulents pour qu’ils restent sagement assis et se taisent. On a même montré que si on laisse des enfants hyperactifs tourner pendant 30 secondes dans n’importe quel sens, ces enfants là connaissent ensuite une période d’attention soutenue pouvant aller jusqu’à 30 minutes. Cette expérience suggère que de tels enfants ont besoin d’une stimulation vestibulaire pour « mettre leur cerveau en route ».

Equilibre, mouvement, perception avant langage, lecture, écriture.

La motricité des yeux est en relation avec les consignes de l’équilibre, à partir du système vestibulaire dans le cerveau. Les centres de l’audition et de l’équilibre partagent le même nerf crânien. Le sens du toucher est intégralement lié au système vestibulaire au travers du mouvement des cils dermiques dont les récepteurs sont localisés dans le derme de la peau.

Si le mouvement est le premier langage de l’enfant, alors la perception est le second. C’est seulement lorsque mouvement et perception sont intégrés que les apprentissages supérieurs comme le langage, la lecture, ou l’écriture peuvent se développer avec facilité.

Nos enfants qui tournent et trébuchent en sont à leur première leçon pour devenir les Einstein de demain.

 (textes : Docteur Peter Blythe, Sally Godard et Docteur Blomberg.)

 

 

LE DEVELOPPEMENT PHYSIQUE, BASE DE TOUS LES APPRENTISSAGES 1

Sans l’équilibre et la coordination, il nous est impossible de nous déplacer dans notre espace, de Réaliser avec succès et aisance nos tâches quotidiennes, nous lever, marcher, écrire, déplacer nos yeux facilement pour lire, écrire, recopier…

Réussir ses apprentissages dépend de notre développement physique, ces stratégies motrices si importantes pour acquérir une bonne posture et une bonne coordination.

Pour apprendre à s’asseoir, tenir debout, marcher, fournir une base stable pour un bon contrôle des mouvements oculaires, le développement du contrôle de ma tête est essentiel.

Quand l’enfant  bouge sans cesse, ne peut rester assis sur sa chaise, s’asseoit sur une jambe, anxieux, irritable, instable, lent, manquant de concentration, de compréhension de coordination, de confiance en lui, qui est souvent dans la lune, oublie ses devoirs,qui n’aime pas les faire quand il rentre de l’école, qui semble maladroit et a du mal à apprendre et mémoriser ses leçons, on parle de dyslexie, de dysorthographie de dysgraphie récurrente. Il est en hyper ou hypo activité.

Il y a des raisons et des solutions. Ce sont :

Les  » Réflexes Archaïques »

Ces mouvements commencent in-utéro.

Ils sont activés par la partie du cerveau commune à toutes les créatures vivantes : le cerveau ancien.

Ces réflexes primitifs ont d’abord une fonction de survie et d’adaptation (réflexes de succion, d’agrippements des doigts). La répétition des mouvements qu’ils commandent stimule les informations neuronales entre les organes des sens et le cerveau en développement.

Ces réflexes archaïques, après leur complet développement, sont appelés à être intégrés et contrôlés par le cortex,siège des apprentissages. Si ceux-ci ne sont pas pleinement développés et restent actifs, ils vont fragiliser les étapes ultérieures du développement de l’enfant.

Le système nerveux ne pourra pas atteindre sa pleine maturité bien que l’enfant soit parfaitement « normal » et souvent très intelligent. Les réflexes archaïques persistants vont alors générer des difficultés de développement et/ou d’apprentissage.

(1ere partie : Dr P. Blythe, Sally Godard, Dr Blomberg)